Le FC Valence dans la tempête

Qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions face au PSG mais à la peine en championnat, le FC Valence vit la saison de tous les paradoxes. En position inconfortable, le président Manuel Llorente a licencié Mauricio Pellegrino au début du mois de décembre et intronisé Ernesto Valverde. Mestalla gronde et ce n’est que le début.

Après un cycle de quatre ans marqué par trois troisièmes places et une demi-finale de Ligue Europa, Unai Emery est parti -avec bien peu de réussite- au Spartak Moscou (lire : Unai émérite). Adjoint de Rafa Benitez à Liverpool et à l’Inter, Mauricio Pellegrino devait, en plus d’étrenner son costume de n°1, maintenir le FC Valence dans le trio de tête de la Liga et passer le cut de la phase de groupes en Ligue des Champions.

Si la deuxième partie de l’objectif a été validée (2e derrière le Bayern), la première en revanche est loin d’avoir été remplie. Pour la première fois depuis son arrivée à la présidence du club en 2009, Manuel Llorente a actionné la trappe et a licencié « El Flaco », ancien de la maison (il a participé aux épopées Cuper et Benitez). Une décision peut-être précipitée, dans la mesure où les Blanquinegros ne sont qu’à sept points de Malaga, actuel 4e. Or, au sein d’un club en galère financière depuis que Madame le Maire a eu la folie des grandeurs et initié la construction du Nou Mestalla, ce trou sans fond, Llorente est plus que jamais dans la tourmente. Face à un des publics parmi les plus fervents mais aussi parmi les plus conservateurs du Royaume, le président ché est sur la sellette, et nul ne sait s’il finira la saison.

Difficile transition

Onzièmes du championnat après une défaite 0-1 à Mestalla face au Rayo Vallecano (but sur penalty de Chori Dominguez, ancien attaquant ché qui n’avait jamais mis un but en un an et demi sur les bords du Turia), le FC Valence n’a pas réussi la transition de l’après-Unai Emery. Résultat : une défense fébrile, un milieu de terrain moins étouffant qu’auparavant et Roberto Soldado comme unique attaquant valable, en dépit des efforts de Nelson Valdez, régulièrement utilisé comme joker, et de Jonathan Vieira, annoncé comme un futur crack du club. En réalité, tous les secteurs du jeu pêchent chez les Murciélagos (chauve-souris).

Tout d’abord, le flou artistique subsiste depuis deux ans à propos du gardien de but. Ramené d’Almeria par Emery, Diego Alves se dispute la place avec Vicente Guaita, formé au club. Cette absence de hiérarchie est forcément préjudiciable pour leurs coéquipiers. Ni Emery ni Pellegrino n’ont tranché.

Point fort de l’équipe sous Cuper et Benitez, la défense est un vaste champ de ruines. Rôti par une saison 2011-2012 où il a été le joueur le plus utilisé, Adil Rami a du mal physiquement. Associé aux plus qu’aléatoires Victor Ruiz et Ricardo Costa, l’ancien Lillois peine à trouver la sérénité. Jordi Alba parti et Jérémy Mathieu blessé de longue date, c’est Aly Cissokho qui devait prendre place côté gauche. Las, face au Rayo, c’est Andrés Guardado, milieu de formation et très décevant depuis son arrivée à ce poste, qui a été titularisé ! A droite, João Pereira a été mis sur le banc par Antonio Barragan, preuve que le recrutement a été bien manqué par Braulio Vasquez, alors qu’il était séduisant sur le papier.

Au milieu, Ever Banega est enfin de retour pour épauler Fernando Gago (lorsqu’il n’est pas blessé) et Tino Costa, son sosie capillaire. L’ancien Montpelliérain fait d’ailleurs peine à voir quand on le compare à l’ancien Xeneize. Trop lent, multipliant les touches de balle superflues, il compense ses absences (le penalty qu’il offre au Rayo est digne d’un pupille 1e année) par la qualité de ses coups de pied arrêtés. Révélé la saison dernière, Sofiane Feghouli apporte de la vitesse mais il a trop tendance à baisser de pied et à être invisible dans les gros matchs, quand la pression des défenseurs est trop forte. Pour autant, c’est un des joueurs les plus réguliers de l’effectif.

Enfin, Jonas et Soldado ont énormément de difficulté pour se mettre en position de tir. Jonas est un joueur certes élégant mais diablement inefficace. Quant à Soldado, ses statistiques lui sont plus que flatteuses. Sa tendance à dézoner et à s’excentrer sur un côté affaiblit l’équipe, même s’il parvient souvent à se mettre en position de centres… Qui ne trouvent quasiment jamais preneur.

Gare à la bête blessée !

En réalité, le véritable problème de Mauricio Pellegrino aura été de ne pas avoir changé de système de jeu (4-2-3-1), d’avoir conservé celui de son prédécesseur sans réellement imposer sa patte. Le jeu ché gagnerait certainement en efficacité si Soldado était épaulé par une véritable deuxième pointe et pas par un joueur plus reculé comme l’est Jonas. Le retour à un 4-4-2 classique, avec un double pivot Gago-Banega et Feghouli en accélérateur de particules sur une aile, pourrait redonner de la densité au jeu des Taronjas (oranges), devenu si prévisible.

Surtout, il est grand temps qu’en dépit des moyens limités du club, la direction réfléchisse sur la structure de son arrière-garde, en jachère depuis le départ de Benitez, en 2004. Espéré comme le nouveau Roberto Ayala, Adil Rami ne peut tout colmater seul en défense centrale. L’ensemble de l’équipe donne une impression d’impuissance, alors qu’elle est capable de tenir tête au Barça, au Real Madrid et à l’Atlético de Madrid.

Malgré des résultats médiocres, la course à la qualification en Ligue des Champions est loin d’être perdue. Le retard accumulé n’est pas rédhibitoire et pourrait être rapidement comblé, à condition qu’Ernesto Valverde, sévèrement hué par Mestalla dès son arrivée sur le banc, puisse bâtir une équipe avec un nouveau style de jeu, plus rapide et plus solide. Pour un club comme le FC Valence, les subsides de l’UEFA alloués pour les qualifiés en C1 sont essentiels. Dans cette ambiance, délétère en coulisses, cela semble bien difficile d’y arriver et revivre une saison comme à l’époque de Ronald Koeman en 2008 s’avèrerait tragique.

Cela n’est pas encore le cas et les chés pourraient se refaire une santé en Ligue des Champions. Archi-dominateurs mais sortis en huitièmes de finale face au Schalke de Raul en 2011, les Murciélagos sont capables d’exploits lorsqu’ils sont au pied du mur. Le duel face au PSG est de nature à remobiliser tout un club et tout le valencianisme (lire : La Ligue des Champions s’ouvre aux outsiders). Surtout, cela permettrait à Valverde de travailler dans la sérénité, lui qui s’attend à vivre un mois de janvier explosif, avec notamment un match crucial face au Real Madrid.

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