A la croisée des chemins
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A la croisée des chemins

Tandis que la saison 2013/2014 vient de démarrer, la précédente s’est achevée sur le premier sacre européen du RC Toulon, au terme d’une finale 100% tricolore, mais aussi sur trois défaites des Bleus à l’issue de leur Tournée estivale en Nouvelle-Zélande. Un paradoxe pour certains, mais qui n’a pourtant rien de très surprenant, et une situation qui pourrait même se répéter dans les années à venir si aucune décision importante n’est prise rapidement.

On désigne souvent le Top 14 comme étant l’un des tous meilleurs championnats de rugby dans le monde, et cette nouvelle finale de H Cup entre deux clubs français (la quatrième de l’Histoire dans une compétition qui n’a pourtant pas 20 ans d’existence) a confirmé cette impression, au moins sur le vieux continent. Depuis 2007 et la victoire des London Wasps, les seules formations susceptibles de rivaliser ont en effet été les provinces irlandaises, mais avec qui il est difficile de dresser un comparatif crédible dans la mesure où ces dernières sont plus l’antichambre du XV du Trèfle que de véritables clubs.

Comme le dit le proverbe, l’argent est bien souvent le nerf de la guerre, et si ça n’est pas forcément un gage de réussite, c’est en tout cas un paramètre non-négligeable depuis que les affres du professionnalisme ont été – à peu près – chassées du microcosme rugbystique français. Et dans ce domaine, force est de constater que les clubs anglais (mais aussi gallois) ont bien du mal désormais à suivre le train de vie de ceux du Top 14.

Le budget des clubs français a encore augmenté de 7% cette saison, et s’il est si important aujourd’hui, c’est surtout en raison de l’augmentation des salaires, qui a eu pour conséquence de diminuer la capacité des clubs à investir. Pour y remédier, la Ligue a mis en place un système de plafonnement des revenus, le fameux “salary cap”. Celui-ci existe également en Premiership, mais là où les clubs anglais sont limités à 5 millions d’euros, la LNR a autorisé les siens à aller jusqu’à 9 millions d’euros (et même 10 millions cette saison…). Une différence de traitement qui, incontestablement, a incité les meilleurs joueurs britanniques à rejoindre la patrie de Rimbaud et d’Anatole France (lire : Top 14, ces nouveaux arrivants à suivre). L’Irlande, elle, s’était protégée jusque-là en accordant un crédit d’impôt aux joueurs ayant effectué toute leur carrière sur son sol. Mais une brèche s’est peut-être entrouverte cette année avec la signature de l’ouvreur Jonathan Sexton au Racing.

Ensuite, vient la question des droits tv. Assez faibles jusque-là ( 32 millions d’euros par saison quand la Ligue 1 de football en perçoit plus de 600 millions… ), la LNR devrait renégocier à la hausse son contrat avec la chaine cryptée, celle-ci ayant déjà perdu de nombreuses parts de marché depuis l’arrivée de Bein sport (Ligue des Champions, Liga, NBA…). Cette rentrée d’argent supplémentaire devrait permettre au Top 14 d’attirer de nouvelles stars de Grande-Bretagne ou de l’Hémisphère Sud, une course à l’armement qui a d’ailleurs largement commencé.

Cet été, René Ranger et Jim Hamilton ont ainsi débarqué à Montpellier, Morne Steyn et Digby Ioane au Stade Français, Richie Gray à Castres, Hosea Gear, Chiliboy Ralepelle et Jano Vermaak à Toulouse, et Ali Williams, Drew Mitchell, Bryan Habana et Martin Castrogiovani sur la rade de Toulon. Et que dire du recrutement gargantuesque du Racing (Jonathan Sexton, Dan Lydiate, Jamie Roberts, Soane Tonga’uhia, Juandre Kruger) qui ferait presque passer les transferts du PSG et de Monaco comme de vulgaires emplettes.

Maintenant, l’argent ne fait pas tout non plus (heureusement… , et d’autres facteurs ont aussi leur importance. La “culture-club” a notamment toujours été très forte dans le rugby français. Tandis que le championnat anglais a été disputé pour la première fois en 1987 seulement, le Bouclier de Brennus était remis au champion de France, le Racing, dès 1892. Avant d’obtenir l’accord des Britanniques pour intégrer le Tournoi des V Nations, le championnat était d’ailleurs le seul moyen pour le rugby d’exister en France, ce qui a débouché sur les nombreuses querelles de clochers.

La puissance actuelle du Top 14 est quelque part le fruit de cette spécificité française, les clubs ayant souvent été le reflet d’une ville et d’une industrie locale. Depuis que le rugby est passé professionnel, la culture d’entreprise s’est encore raffermie et les clubs sont de plus en plus gérés par des financiers, conscients du potentiel économique qu’offre cette discipline. Du coup, tandis que les clubs anglais, encore très conservateurs, évoluent toujours dans des stades bucoliques aux ambiances assez feutrées, le Top 14 mise désormais sur le développement économique et l’expansion géographique du rugby, avec des matchs délocalisés (un peu trop d’ailleur ) dans de grandes enceintes (lire : Délocalisation ou comment le rugby a renoncé à la sédentarité) et des recrues XXL venues des quatre coins du monde.

Cette impulsion donnée au rugby français fait du Top 14 un championnat majeur aujourd’hui dans le monde, ce dont on pourrait évidemment se réjouir, mais le revers de la médaille, c’est que cela se fait au détriment de l’équipe nationale. Et lorsqu’on scrute attentivement la composition des équipes alignées en Top 14, il n’est pas bien difficile de comprendre pourquoi le XV de France tire la langue ces derniers temps, dans la mesure où l’on ne retrouve que très peu de joueurs français titulaires dans les grands clubs de notre championnat (même s’il y a bien sur des tas d’autres raisons comme le temps de préparation très insuffisant accordé aux Bleus, les choix discutables du sélectionneur concernant certains joueurs à des postes clés ou encore l’absence récurrente de fond de jeu…).

Des leviers ont bien été mis en place pour permettre aux jeunes issus de la formation d’intégrer les pros, comme la règle qui veut que désormais 60% de ces joueurs soient présents dans l’effectif de chaque club. Mais ça n’est pas suffisant pour qu’ils puissent s’aguerrir au contact des meilleurs. Pour cela, il aurait fallu imposer un quota de joueurs formés au club sur chaque feuille de match, décision que n’ont jamais eu le courage de prendre les dirigeants de la LNR, soucieux de ne surtout pas tuer la poule aux œufs d’or…

Ensuite se pose le problème récurrent du calendrier national et international. Les nombreux doublons qui polluent l’agenda n’incitent pas les clubs à recruter des jeunes du terroir, sachant que ces derniers seront indisponibles dès qu’ils seront appelés en sélection, et qu’ils seront sûrement hors de forme en fin de saison. Des discussions ont eu lieu sur ce point mais les clubs sont encore très partagés entre une volonté de réduire la voilure et la nécessité d’accroître leur trésorerie. Certains militent ainsi pour une élite réduite à 12 clubs (ce à quoi je suis favorable), d’autres comme Toulon préférant au contraire un retour à 16, estimant que les effectifs qui ne sont pas retenus par les rencontres internationales ne jouent pas assez par rapport à leur salaire.

La réussite actuelle du championnat de France ressemble un peu à celle de la Premier League anglaise de football, dont l’attractivité très importante a fortement pénalisé l’équipe nationale. Le rugby français a semble-t-il choisi une voie similaire et chaque année apparaissent des conséquences de plus en plus évidentes. Inquiétant quand on sait que la bonne santé d’une discipline se mesure avant tout avec les performances de son équipe nationale, et que si rien n’est fait, nous ne sommes pas prêts de voir un Français soulever un jour la Coupe Webb Ellis.

  1. avatar
    22 août 2013 a 17 h 28 min

    Très bon article cher Cullen. C’est d’autant plus dommage qu’aujourd’hui dans le Top 14 tous les postes sont triplé, ca laisse de la place pour les jeunes du cru logiquement…

    Quand le marché ne se régule pas tous seul, il faut l’y aider: un quota de jeune formé localement sur chaque feuille de match est une des pistes les plus évidentes. Reste à savoir quel quotas, comment etc….

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      22 août 2013 a 21 h 09 min
      Par Cullen

      Merci Seb.

      Tous les postes triplés ? Plus ou moins. C’est évidemment le cas pour les têtes d’affiche mais un club comme Brive par exemple n’a pas une profondeur de banc suffisante pour surmonter sans dommages les coups durs éventuels. Ils devront croiser les doigts pour que leurs éléments moteurs ( Mela, Ledevedec, Pejoine ou Germain ) traversent la saison en parvenant à éviter les blessures et les suspensions.

      Sinon, j’avais choisi d’illustrer cet article avec une toute autre photo mais elle n’a visiblement pas plu aux modérateurs…

  2. avatar
    23 août 2013 a 0 h 01 min
    Par Pianto

    100 % d’accord.

    premier league et Top14, même combat.

    perso, j’en ai rien à cirer qu’on gagne la coup d’Europe ou que mon club préféré soit champion de France. Je veux voir l’équipe de France briller et c’est tout.

    Au pire, qu’on écrase les anglais (d’un point c’est assez).

    Et pour ça, il n’y a que des règlements qui peuvent faire une différence…
    60 % de formés au club sur la feuille de match, c’est beaucoup mais 40 % de formés au club et 20 % de sélectionnables formés ailleurs, c’est pas mal… pour commencer…

    • avatar
      23 août 2013 a 12 h 01 min
      Par Cullen

      Je serais peut-être un peu plus nuancé sur l’intérêt suscité par la coupe d’Europe ou le Top 14 mais sur le fond, on se rejoint. La H Cup n’a pas encore acquis ses lettres de noblesse, elle est peut-être encore trop récente pour faire vraiment chavirer le cœur des supporters, en revanche, remporter le fameux “bout de bois” a toujours été une quête fondamentale pour la plupart des amateurs de Rugby. Après, effectivement, ce sport est encore assez confiné au quotidien, et lorsqu’il bénéficie d’une exposition médiatique vraiment importante, c’est à l’occasion du Tournoi des VI Nations ou de la Coupe du Monde. C’est donc logiquement lors de ces évènements qu’on attend les résultats.

      Je ne sais pas quel pourcentage exact de JIFF il faudrait imposer sur chaque feuille de match, mais 10% serait déjà un progrès dans la mesure où aujourd’hui, sur un groupe de 40-50 joueurs, un entraineur peut très bien n’en aligner aucun.

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        23 août 2013 a 13 h 43 min
        Par Pianto

        Tu as raison Kiki (j’ai revu un de tes essais sous le maillot noir hier soir, magnifique…)

        ma vision n’est pas représentative des supporters de rugby, le bouclier c’est super important mais je ne suis pas supporter d’autres équipes que les équipes de France.

        Même au basket où j’ai été abonné au club de chez moi une dizaine d’années, je mets l’équipe nationale très au-dessus.

        C’est une vision personnelle mais très ancrée.

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          23 août 2013 a 22 h 55 min
          Par Cullen

          J’ai un faible pour celui inscrit en 1996 contre les Waratahs : http://www.youtube.com/watch?v=F-IpR7Zgzog

          Sinon, je viens de suivre le choc de la deuxième journée, et ben pas de doute possible, Toulon sera bien l’épouvantail de la saison. Ils se sont renforcés en mêlée, et avec l’arrivée prochaine de Mitchell et Habana sur les ailes, le RCT va en plus pouvoir ajouter de la vitesse à son jeu, qui n’en manque déjà pas vraiment. Seule petite ombre au tableau, la moyenne d’âge de l’équipe, et l’ultra-dépendance à Wilkinson qui finira peut-être par faire la saison de trop. En tout cas c’était pas encore pour ce soir.

          De son côté, le Racing a fait un recrutement monstrueux, et dans tous les secteurs. Et quand on regarde l’équipe-type, on se dit qu’ils sont les favoris logiques pour le titre, sauf qu’en Rugby, plus que dans n’importe quelle autre discipline, les joueurs ont besoin d’une grande complicité avant de former une grande équipe. C’est ce qui a manqué ce soir, et qui risque de peser dans la balance cette saison pour le Racing. Ceci dit, avec un tel effectif, ils devraient quand même nous régaler.

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          24 août 2013 a 10 h 42 min
          Par Cullen

          Dernière chose, avec les nouvelles règles d’arbitrage en vigueur cette saison, je commence à mieux comprendre Michel Platini, farouchement opposé à l’usage de la vidéo en Football. Ce serait bien que les arbitres laissent davantage le jeu se dérouler et qu’ils soient un peu moins frileux, bref qu’ils prennent leurs responsabilités, au lieu de s’en remettre sans cesse à ce protocole, même lorsque les décisions semblent évidentes, ce qui a le don de casser le rythme d’une rencontre. Trop de vidéo tue la vidéo, et l’utilisation de celle-ci comme c’était le cas jusque là me suffisait largement.

  3. avatar
    24 août 2013 a 15 h 58 min

    Bonjour, au sujet des quotas est-on sûr qu’en en imposant ça renforcerait l’équipe nationale et pas plutôt que ça affaiblirait les clubs? Y a-t-il un exemple de politique comme ça qui ait marché?

    Perso, cette “préférence nationale”, à moins qu’on impose genre 20% max, je pense que ce serait de la connerie. Si des Français n’arrivent pas à percer en club, c’est qu’ils ne le méritent pas, point. Ou alors qu’ils se barrent en Angleterre.

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      25 août 2013 a 11 h 28 min
      Par Cullen

      C’est pas complètement faux. J’ai d’ailleurs bien précisé qu’il y avait de nombreuses autres raisons pour expliquer les résultats actuels du XV de France. Mais je pense que tu prends le problème un peu à l’envers.

      Pour des postes clés et très spécifiques comme la charnière ou la première ligne, les clubs français préfèrent, depuis plusieurs années déjà, acheter directement des étrangers au sommet de leur forme plutôt que faire émerger des jeunes joueurs issus de la formation. Ça peut se comprendre dans la mesure où faire évoluer un jeune joueur implique de prendre du temps, et de le voir manquer un certain nombre de matchs. Et avec les objectifs à court terme de plus en plus imposés aux entraineurs, c’est prendre un risque plus grand que faire son marché à l’étranger auprès de joueurs déjà aguerris. Mais cette surabondance de joueurs étrangers sur les pelouses de notre championnat empêche l’apparition de 3 ou 4 grands joueurs français à chaque poste.

      Ce qu’on peut craindre globalement, ça n’est pas cette économie florissante, qui devrait continuer à progresser en Top 14, mais le message qui est envoyé aux plus jeunes : “A quoi bon vous former au plus haut niveau ? On aura qu’à prendre des joueurs aguerris formés ailleurs et qui seront compétitifs au bout de quelques semaines seulement”. Et comme en plus, les clubs ont tendance à aligner des joueurs de l’Hémisphère Sud qui ne sont plus sélectionnables en équipe nationale, dans la mesure où ceux-ci auront pour unique ambition de faire briller leur club, ça fait beaucoup de concurrence déloyale pour nos espoirs qui eux, ont également à cœur de porter le maillot bleu.

  4. avatar
    26 août 2013 a 10 h 40 min

    Salut Cri-Cri, merci pour l’article.

    Perso, ça ne me dérange pas trop que les clubs recrutent des joueurs sur toute la planète, ce qui m’embête, c’est plutôt :

    Que d’un point de vue de la logique économique, on soit dans une bulle inflationniste qui va péter rapidement, et qu’à mon avis, tout va exploser dans 2-3 ans. Là, y’a conjonction de facteurs positifs : Arrivée d’investisseurs, arrivée de BeIn, crise dans les autres championnats, augmentation des recettes guichets avec de grands stades et des délocalisations, intérêt sportif de la compétition nationale (5-6 clubs peuvent la gagner), argent de la HCup (assez artificielle, si les irlandais perdent aussi leurs meilleurs joueurs, que restera-t-il comme concurrence et intérêt).

    Bref, toutes les recettes montent pour les clubs, mais tous vivent au dessus de leurs moyens. Si le Top 14 passe sur BeIn, l’audience TV et la visibilité du Top 14 va s’écrouler, et on risque de se retrouver dans la merde. Faut pas rêver, le rugby est un sport d’initiés qui tourne déjà à plein régime. Certains, comme Boudjellal, ont mis toute la limite de leur pognon, les stars du sud (à relativiser, il s’agit souvent de vieux joueurs ou de “coups” d’une saison) viennent surtout parce que la CDM n’est qu’en 2015, tous les clubs perdent de l’argent mais s’en foutent car on est dans une économie de croissance. Pour l’instant…

    Viendra le moment de la grande contraction, et là…

    Pour ce qui est des joueurs français, qu’ils se démerdent, je suis contre tout quota, aux clubs de voir leur intérêt sur le long terme, aux jeunes de se foutre un coup de pied au cul et à se mettre à bosser. A la FFR de protéger les joueurs français en annulant les doublons et en payant les internationaux, en faisant une politique de jeu dans les équipes nationales de jeunes, en obligeant les sélectionneurs à bâtir un projet de jeu.

    Le jeu, l’intelligence, la formation, voila les leviers, bien plus rentables à long terme que les Jiff, les quotas, les recrutements d’étrangers ou les naturalisations.

    Il y a un réservoir énorme en France, et des clubs formateurs, qu’on les aide à trouver un modèle économique, Bourgoin se lance par exemple à fond sur un modèle “Auxerrois”, j’attends de voir ce que ça va donner, mais pour moi, il faut déjà réfléchir aux niveaux de compétition inférieurs (Pro D2, Fédérale 1), qui doivent être des labos et des pouponnières, pas des sous-clubs de Top 14 avec le 3ème ou 4ème choix des iliens et des géorgiens, comme c’est le cas aujourd’hui.

    Bref :

    Le fédé doit prendre sa place d’organisateur du rugby français, au niveau technique (formation des joueurs, santé, lutte contre le dopage) et organisationnel (réfléchir aux échelons semi-pros inférieurs pour favoriser la formation française)

    Les clubs doivent anticiper la contraction et cesser les contrats d’une année pour des stars qui se barreront vite. Que fera Boudjellal quand il n’aura plus de pognon, avec ses 15 fins de contrat en 2014?

    Rendez-vous dans 2-3 saisons, je pense qu’à ce moment là, on se souviendra avec nostalgie et sans doute amertume de cette époque où on a perdu la tête.

    • avatar
      26 août 2013 a 12 h 17 min
      Par Cullen

      Salut Zancky,

      Supprimer les doublons inciterait évidemment les clubs à recruter davantage des joueurs locaux, et sans qu’on soit obligé de faire appel à des procédés “artificiels”. Mais ils ne pourront disparaitre que si l’on réforme le calendrier national ou international. Or, toucher aux Tournées ou même à la H Cup semble assez difficile aujourd’hui, du coup c’est le championnat qu’il faut restreindre à 12 clubs, ce qui dégagerait 4 ou 5 dates. Mais aujourd’hui, les dirigeants de certains clubs ne sont pas prêts à de tels sacrifices car ça impacterait directement leur trésorerie.

      Je ne suis pas très fan des quotas d’une manière générale, mais dans ce cas précis, ça permettrait aux clubs de conserver une certaine identité parce que construire des équipes à coup de millions, c’est bien beau, mais ça ne doit pas être non plus la seule manière de concevoir le Rugby de haut niveau.

      PS : Je ne pense pas que Bein sport ait réellement l’intention de rafler les droits du Top 14, ça va simplement obliger Canal+ à proposer une offre plus alléchante à la fédé, mais le championnat devrait pouvoir encore compter sur ses 10 millions d’abonnés contre 1,5 millions seulement à la chaine qatari.

      • avatar
        26 août 2013 a 12 h 39 min

        Oui, d’accord avec toi pour BeIn, de toute façon, les “Historiques” du Top 14 (Goze, Bouscatel, Blanco) sont contre et pèsent très lourd (au propre comme au figuré) dans ce genre de décisions.

        Encore une fois, je suis contre les quotas par principe, j’ai un désaccord philosophique avec ce principe, ma position est de dire que la situation actuelle ne pourra pas durer car tout le monde est en déficit.

        L’équilibre est à trouver pour moi entre formation (qui existe et est protégée en jeunes par des compèt’ entre clubs pro genre Gaudermen pour les cadets, et, dans une certaine mesure, les Crabos et Reichel) et emploi de stars avec parcimonie.

        ça baissera les masses salariales, certains clubs s’inventeront des destins de formateurs, d’autres d’acheteurs.

        Au delà des règlementations, c’est une question de bon sens, certains clubs (les parisiens, Toulon, qui est seul dans son coin) ont la possibilité de se servir dans les équipes de jeunes de nombreux clubs proches. Pour le 1/4 sud ouest, il y a une telle densité de clubs de Fédérale 1 ou Pro D2, que là aussi, on peut imaginer des achats d’espoirs qu’on envoie s’aguerrir dans ces niveaux-là. Ou des partenariats genre Castres – Graulhet – Carmaux que sais-je, y’a pléthore de bons clubs formateurs dans le 8-1.

        Je parle de Bourgoin car ils reviennent en Pro D2 avec un budget 6 fois moindre que celui qu’ils avaient au même niveau y’a 2 ans. Et malgré le nombre important de clubs au dessus d’eux dans la région (FCG, Oyo, Lou), ils vont miser sur le tissu de clubs de Féderale 1 ou 2 pour recruter du jeune pas cher. Est-ce que ça marchera? Oui s’ils deviennent une école d’excellence qui reste en Pro D2 et vend en top 14. Non s’ils n’arrivent pas à rester à ce niveau, le dernier à avoir une visibilité nationale.

        Il suffirait d’exemples vertueux qui marchent, mais ça, c’est difficile à forcer, car tout dépend de l’incertitude glorieuse du sport, mais moi, si j’avais pas de pognon, je miserais sur les jeunes, à long terme, ça me semble être le bon calcul.

  5. avatar
    10 juillet 2017 a 8 h 34 min
    Par Cullen

    Un autre de mes articles traitant de cette discipline : http://yourzone.beinsports.fr/rugby-xv-de-france-post-coupe-monde-un-champ-de-ruines-98652/

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