Gourcuff : Le moment ou jamais ?

Absent depuis la deuxième journée de cette saison 2012/13 de L1 à cause d’une entorse au genou, Yoann Gourcuff a effectué ses grandes retrouvailles avec les terrains par une défaite en 8èmes de finale de la Coupe de la Ligue en terres niçoises (3-1). Un retour jugé « correct » et « encourageant » par son entraineur, mais à l’heure ou l’OL traverse une période d’austérité financière, l’heure est venue pour le numéro 8 lyonnais de retrouver un niveau de jeu méritant d’autres qualificatifs que ceux employés par Rémi Garde pour, enfin, justifier l’investissement réalisé par son club il y a déjà deux ans…

Il est peu dire que pour Lyon, comme pour son meneur de jeu, les temps ont changé. Oublié le glorieux passé de l’OL, invincible septuple Champion de France au début des années 2000. Oublié également le Gourcuff flamboyant sous les couleurs bordelaises, ayant été le fer de lance du premier club à pouvoir faire tomber l’ogre lyonnais de son piédestal en L1 à l’issu de la saison 2008/09. Oubliée également cette campagne bordelaise en Ligue des Champions la saison suivante, qui vit l’ex-meneur de jeu girondin briller de mille feux sur la plus belle des scènes continentale, permettant à Bordeaux de finir avec le meilleur bilan de la phase de poule cette année-là en éliminant au passage la Juventus et en battant par deux fois le Bayern de Munich, futur finaliste de l’épreuve.

Lyon est privé de C1 pour la première fois depuis 1999, et doit aujourd’hui lutter contre le Kiryat Shmona et autres Sparta Prague en Ligue Europa pour continuer d’exister sur la scène européenne, tandis que son meneur de jeu arrivé en grandes pompes dans le Rhône en septembre 2010 se bat, lui, avec des problèmes physiques récurrents ne lui ayant jamais vraiment permis de s’acclimater chez les Gônes. Il y a peu, le destin de Yoann Gourcuff semblait tracé, et devait le mener vers les sommets du football hexagonal et international. Mais il n’en fut rien, et si à 26 ans rien n’est encore perdu, le temps presse. Retour sur le parcours d’un joueur en passe d’être considéré comme un ex-prodige.

Une croissance maitrisée

Formé à Rennes, où il inscrivit la première ligne de son palmarès en gagnant la coupe Gambardella 2003 (ouvrant même le score en finale sur coup franc), il sut par la suite s’imposer peu à peu dans le groupe professionnel entrainé par son père, Christian, jouant 80 matchs de L1 entre 2003 et 2006. Durant cette période, il brilla également au sein des Equipes de France jeunes, glanant au passage le titre de Champion d’Europe des Nations 2005 en U19 avec la génération 86 aux côtés d’actuels internationaux français tels qu’Hugo Lloris, Younes Kaboul, Yohan Cabaye ou encore Abou Diaby. A l’issue d’une saison 2005/06 au cours de laquelle il s’imposa comme titulaire dans l’équipe finistérienne, il succomba aux sirènes du Milan AC et choisit de s’exiler chez l’ogre lombard plutôt que de prolonger le bail le liant à son club formateur, et disparut deux saisons durant des feux des projecteurs subissant l’énorme concurrence au sein du club rossonero, barré qu’il était par une pléiade de stars (Seedorf, Ambrosini, Pirlo, Kaka puis Ronaldinho).
La France du football l’avait alors oublié, ou presque, et lui prédisait un destin à la Mourad Meghni, de deux ans son ainé, l’ex-futur Zidane en puissance qui s’était égaré trop jeune sur les pelouses d’une Serie A bien trop exigeante.
Mais un joueur intelligent progresse forcément au contact de tels monstres sacrés du football international, et Yoann Gourcuff sut rapidement se rappeler au bon souvenir du foot français, avec brio.

Un retour en fanfare

Prêté aux Girondins de Bordeaux lors de la saison 2008/09 pour gagner du temps de jeu, il creva l’écran deux années durant sous l’égide de Laurent Blanc au sein d’un groupe respirant la solidarité, mais également le talent et l’ambition. Obligeant Lyon à batailler jusqu’à la dernière journée lors de la saison précédente pour conserver sa couronne, l’arrivée du néo-bordelais permis au club au scapulaire de franchir un cap et retrouver le titre de Champion de France après dix ans de disette, bouclant la saison par une série record de 12 victoires consécutives.
Un statut de métronome, préposé aux coups de pieds arrêtés, une influence considérable sur le jeu de son équipe, 37 matchs de Ligue 1, 12 buts, 8 passes décisives, le trophée UNFP du plus beau but de la saison après un numéro d’équilibriste face au PSG, et celui de meilleur joueur de L1 remis des mains de Zinedine Zidane, un doublé Championnat / Coupe de la Ligue : n’en jetez plus, la cour est pleine ! Ou presque, puisqu’une fois l’option d’achat levée par Bordeaux, Gourcuff confirma la saison suivante – tout du moins en C1 – menant les Girondins jusqu’en quarts de finale de la Ligue des Champions pour la première fois depuis 1985. Son entrée en équipe de France A la même année, et son but de 35 mètres inscrit face à la Roumanie dans un match importantissime pour la qualification pour le mondial 2010 finirent par l’asseoir au sommet du football hexagonal. Mais si l’histoire est alors belle pour le joueur, un tel statut, surtout acquis si rapidement peut s’avérer à double tranchant. Ce qu’il apprit à ses dépens.

Plus dure sera la chute…

Moins performant après l’élimination des Girondins de la C1, le meneur de jeu ne pût ou ne sût pas enrayer la chute inexorable de son club au classement, et en tant que leader technique de l’équipe, il stigmatisa à lui seul les maux bordelais. Leaders à la trêve, sûrs de leur force, les girondins terminent sixième de L1 à cause d’une usure physique et mentale. De quoi embrumer l’esprit de plus d’un joueur… Emmené au mondial sud-africain dans la foulée par Raymond Domenech, le meneur de jeu se retrouve malgré lui associé à l’épisode du bus de Knysna et à la grève des joueurs dont les images feront le tour du monde, avant d’être expulsé pour un coup de coude envers un adversaire lors de la dernière rencontre de l’équipe de France dans cette compétition face à l’Afrique du Sud, pays hôte. Associé également à une brouille avec Franck Ribéry et coupable selon Didier Roustan d’avoir quitté une interview à cause d’une question sur ses relations avec le munichois, la fin de saison 2009/2010 ressemble à un chemin de croix pour un Yoann Gourcuff à fleur de peau. Sans oublier les déclarations de Paolo Maldini à son encontre, selon qui « Gourcuff, au Milan, s’est trompé à 100%. […] Son problème ici, c’était son comportement. Il ne s’est pas montré intelligent dans la manière de se gérer lui-même. »
Voici de quoi écorner l’image d’une star montante. Mais le joueur continue malgré tout de susciter certains intérêts, notamment celui de Lyon, bourreau des bordelais en C1 cette même année et empli d’une soif de reconquête.

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