Euro 2012 : l’équipe-type des quarts de finale

Alors que le dernier carré de la compétition se profile, les favoris montent en puissance, confirmant et révélant des talents dans leurs rangs. Étoiles montantes et valeurs sûres du football continental se côtoient donc dans cette équipe-type.

Iker Casillas – Si « San Iker » n’a pas été le gardien le plus mis à contribution dans ces ¼ de finales – loin s’en faut – il n’en demeure pas moins le patron de la meilleure défense du tournoi, avec un seul but encaissé au moment d’attaquer les demi-finales. Le capitaine du Real Madrid et de la Roja fait – comme à son habitude – le travail avec classe, talent et sérénité, à l’image de son arrêt sur le coup franc de Cabaye qui prenait la direction de sa lucarne, ou de sa parade sur une frappe dangereuse de Ribéry (71ème). L’Espagne n’a jamais encaissé plus d’un but dans une rencontre de phase finale internationale depuis 2006 (soit lors de ses 17 derniers matches), et son capitaine est loin d’être étranger à cette statistique.

Philipp Lahm – Titulaire sur le flanc gauche de la défense allemande, sa place à droite dans cette équipe-type s’explique par le fait que les deux arrières latéraux les plus en vue de ces ¼ de finale auront été P.Lahm donc, mais également son alter-égo espagnol, Jordi Alba. Au vu de sa polyvalence, la place du Munichois à ce poste ne parait pas usurpée. Aussi, si le capitaine allemand a certes été coupable d’une certaine passivité sur l’égalisation grecque signée Samaras, il aura mis au supplice Torosidis tout au long de ce ¼ de finale. En témoigne son ouverture du score à la 39ème minute : décalé par Özil, le capitaine de la Mannschaft effaça son vis-à-vis en repiquant dans l’axe pour décocher une frappe-maitresse des 20 mètres qui se logea dans la lucarne d’un Sifakis impuissant. Solide défensivement, tranchant offensivement : un véritable poison.

Mats Hummels – Véritable poutre de l’édifice allemand, le joueur du Borussia Dortmund s’impose match après match comme l’un des meilleurs joueurs du tournoi à son poste. Il n’est pas impliqué sur les deux buts encaissés par son équipe, et a fait parler son physique, son jeu de tête et son sens de l’anticipation tout au long du ¼ de finale opposant l’Allemagne à la Grèce. Et ce n’est pas Salpingidis – auteur d’une belle prestation par ailleurs, mais ayant dû souvent “dézoner” – qui dira le contraire.

Sergio Ramos – Impressionnant dans cet Euro, il n’aura jamais été pris en défaut face à Ribéry, Benzema ou Debuchy. Dominateur dans le jeu au sol comme aérien, sa présence physique est impressionnante comme Ribéry a pu en témoigner à la 59ème minute après avoir terminé son duel épaule contre épaule en six mètres. Son repositionnement dans l’axe, acté cette saison au Real Madrid, et devenu évident en sélection après le forfait de Puyol, est un atout de poids pour la Roja, meilleure défense du tournoi.

Jordi Alba – Le feu follet de Valence (et bientôt du Barça) a passé son match à avaler les espaces dans son couloir gauche que Laurent Blanc avait pourtant pris grand soin de renforcer avec la paire Réveillère-Debuchy. Le second se retrouva littéralement à terre dès la 19ème minute après une percussion de l’Espagnol sur son aile, à l’issue de laquelle il délivra un centre parfait pour l’ouverture du score de Xabi Alonso. Rarement inquiété sur son côté, il livra une partie irréprochable et monte en puissance dans la compétition.

Xabi Alonso – Élu homme du match face à la France par l’UEFA, le néo-Madrilène aura tué dans l’œuf les espoirs français dès la 19ème minute en plaçant une tête croisée parfaite dans le petit filé opposé des cages de Lloris, concluant un superbe travail de Jordi Alba. Après avoir été impérial à la récupération et l’orientation du jeu 90 minutes durant, faisant souvent parler son jeu long, le Basque ponctua son match plus qu’abouti en clôturant la marque sur penalty (90ème). Un doublé qui offre la qualification à son pays pour les ½ finales, et ce pour sa 100ème sélection. Que demander de plus ?

Andrea Pirlo – Le Maestro. Patron technique de la très séduisante Squadra Azzura, Pirlo a illuminé la rencontre Italie – Angleterre de toute sa classe. Un jeu court parfait, un jeu long sans équivalent en Europe, un déchet quasi-inexistant, et des gestes techniques de grande classe 90 minutes durant. S’il baissa légèrement de pied durant les prolongations, le vétéran italien ponctuera sa prestation de haut vol par une panenka pleine de sang-froid durant la séance de tirs au but. Comme une cerise sur un bien beau gâteau.

Marko Reus – Le joueur de Mönchengladbach eut une activité incessante sur son côté droit. Joueur complet, bon dribbleur, rapide et capable de frapper du pied droit comme du gauche, il a eu l’occasion de montrer dans ces quarts de finale qu’il pouvait prétendre à accroitre son temps de jeu dans cet Euro. Après plusieurs tentatives infructueuses, il fit preuve de beaucoup de sérénité pour marquer le quatrième but allemand d’une puissante reprise sous la barre, récupérant le ballon après un face-à-face perdu par Klose (74ème). Ses courses et son jeu court firent très mal à la défense grecque.

Mesut Özil – L’Allemagne avait terminée meilleure équipe de la phase de poules avec sa star en demi-teinte, ce qui n’était en soit pas une mince affaire. Le tournoi final débutant, l’homme aux 24 passes décisives cette saison avec la Maison Blanche revient sur le devant de la scène. Multipliant les décalages pleins d’à-propos pour ses ailiers Schürrle et Reus, il fit parler son sens de la passe décisive à deux reprises (décalage pour Lahm, 39ème ; coup franc sur la tête de Klose, 68ème). Capable d’accélérer le jeu comme de temporiser pour trouver du soutien venant de derrière – notamment Khedira avec qui la complicité est évidente – le meneur allemand fit un match complet, qu’il aurait pu ponctuer d’un but si le gardien Sifakis avait été moins performant (23ème, 85ème).

Cristiano Ronaldo – Décrié après deux rencontres poussives, le leader de la Selecção fait désormais parler la poudre ! Il a qualifié son équipe pour les quarts, puis les demi-finales en inscrivant les trois derniers buts portugais. Face aux Tchèques, il a su décanter la situation d’une tête piquée parfaite aux six mètres après un travail superbe de Moutinho, marquant le seul but de la rencontre. Il avait auparavant manqué de réussite en touchant les montants à deux reprises, après un enchainement sublime contrôle de la poitrine – dribble en pivot – frappe (45ème +1) et un coup franc des 25 mètres (49ème). Motivé comme jamais par sa double quête Ballon d’Or – premier titre international, Cristiano Ronaldo fait actuellement feu de tout bois. L’Espagne est prévenue.

Miroslav Klose – Préféré à Mario Gomez pour faire face à une défense grecque aussi physique que regroupée, le renard des surfaces qu’est Klose en a profité pour rappeler qu’il était toujours capable de tirer son épingle du jeu dans un groupe dont il est le doyen (34 ans). Sur un coup franc d’Özil, il prit le meilleur sur Papadopoulos à la 68ème minute pour marquer son 64ème but en sélection et se positionner à quatre unités du record de Gerd Müller (68 buts « internationaux »). Ce but, celui du break (3-1), mit fin aux espoirs grecs et aura eu le mérite de rappeler que l’Allemagne ne possède pas dans ses rangs un, mais bien deux grands buteurs.

Les remplaçants : Joe Hart (Ang), Gianluigi Buffon (Ita) / Glen Johnson (Ang) / Joleon Lescott (Ang) / John Terry (Ang) / Fabio Coentrao (Por) / Sami Khedira (All) / Daniele De Rossi (Ita) / Joao Moutinho (Por) / Andrès Iniesta (Esp) / Dimitris Salpingidis (Gre) / Alessandro Diamanti (Ita).

  1. avatar
    25 juin 2012 a 19 h 06 min
    Par Yohann

    Casillas au but ? On est bien sur l’équipe type des quarts ??? Il n’a rien eu à faire le pauvre, il jouait contre la France !!!

  2. avatar
    25 juin 2012 a 19 h 14 min
    Par Ju33

    C’est exactement mon propos, dès la première phrase: « San Iker » n’a pas été le gardien le plus mis à contribution dans ces ¼ de finales – loin s’en faut [...]
    Mais s’il n’a jamais beaucoup de travail, il le fait toujours à la perfection! C’est le patron de la meilleure défense de l’Euro, et il reste sur 300 minutes sans but encaissé…
    Mais sur les quarts, Buffon, Hart voire Cech peuvent clairement être cités aussi!

  3. avatar
    25 juin 2012 a 19 h 27 min
    Par Kebab

    Pourquoi “Néo Madrilène” pour X.Alonso, ça fait un bail qu’il y est.

    Manque un défenseur anglais. Johnson/Terry/Lescott ont fait un boulot monstrueux sur l’attaque défense qui a servi de 2e mt contre l’Italie.

  4. avatar
    25 juin 2012 a 19 h 32 min
    Par Ju33

    Navré pour le “Néo”, j’avais écris “néo-centenaire” à la base, en référence à sa 100ème cape, avant de reprendre ma phrase, et j’ai oublié de supprimer le préfixe.
    J’ai mis le trio anglais dans les remplaçants, la charnière a été monstrueuse mais surtout très complémentaire, c’est pourquoi ça m’embêtait de n’en ressortir qu’un.

  5. avatar
    25 juin 2012 a 19 h 39 min
    Par Kebab

    C’est surtout la présence de Lahm qui m’ennuie. Super offensivement, mais sur le 1er but grec, y’avait un twin pic à faire avec Patrice Evra en équipe de France, ce que tu soulignes à juste titre.

    En fait c’est Johnson qui m’a bluffé, pas franchement à la fête en poules, titanesque hier. J’avoue que les restes de mon samedi soir m’ont obscurci ma vision en fin de 2e mt et en prolongations, mais j’ai pas souvenir d’une occasion nette des italiens qui arrive du côté de Johnson (au contraire de Diamanti qui a bien fait pleurer Ashley Cole).

  6. avatar
    25 juin 2012 a 19 h 59 min
    Par Ju33

    Je te rejoins sur Lahm, mais le fait qu’il décante le match m’a décidé, j’avais “peur” de revoir un scénario type Euro 2004 tant les grecs subissaient sans plier. J’adore ces arrières latéraux modernes qui apportent sans cesse. Sur l’action de l’égalisation, j’avoue m’être plus focalisé sur Boateng qui est une énigme dans cette équipe pour moi, et comme Jordi Alba me paraissait incontournable à gauche sur les quarts, j’ai osé cette petite “fantaisie” (mais il y a débat, je te l’accorde).

    En fait, au niveau de la défense, Lahm / Johnson et Ramos / Hummels / Lescott / Terry sont interchangeables vu leurs prestations !

  7. avatar
    26 juin 2012 a 13 h 52 min
    Par Salles de Fitness Grenoble

    Une belle équipe que cela donnerait… une Dream Team européenne… mais au cage je ne mettrais pas Casillas mais Buffon qui a fait un grand match…

  8. avatar
    26 juin 2012 a 17 h 02 min
    Par Ju33

    Je suis d’accord avec toi, c’est le genre d’équipe qui fait rêver, et que même ManCity ne pourrait pas se payer ;)

    Concernant le gardien, encore une fois, je suis d’accord sur le fait que le match de Buffon était excellent (tout comme celui de Hart), la parade sur le tir de Johnson à la 5ème est juste magistrale !
    Je retiens Casillas car l’Espagne, comme toutes les (très) grandes équipes, ne concède qu’une poignée d’occasions par match. Cela rend les gardiens moins visibles, car ils sont alors beaucoup moins sollicités, et à chaque fois que Casillas l’est, il fait un travail remarquable! Son anticipation sur le coup franc de Cabaye est sublime, il va le chercher en pleine lucarne comme-qui-rigole! Sur sa ligne ou dans les airs, il a toujours été parfait -comme d’habitude- et en terme de niveau intrinsèque, je pense que c’est vraiment le Top Mondial.

  9. avatar
    28 juin 2012 a 0 h 14 min
    Par Ju33

    Casillas : Sobre, mais monstrueux ;)

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